L’infanticide
Voyager dans l’intimité d’une femme. Rencontrer son père, son amant et vivre avec elle ses bonheurs, sa souffrance, sa révolte, sa liberté…” Ce qui m’intéresse, c’est l’aspect quotidien de l’oppression, la catastrophe banale. Pour montrer cela, je peux prendre un milieu prolétarien, mais rien ne m’y force. J’ai écrit une pièce sur la folie bourgeoise, sur un monde qui est en ordre jusqu’à déboucher sur un meurtre.”(Peter Turrini)
Mise en scène : Jean-Camille Sormain
Auteur : Peter Turrini
Photographe : Philippe Acher
Elle : Catherine Creux
Lui : Jean-Camille Sormain
Violoncelliste : Bettina Broche
Violoncelliste : Elisabeth Martin-Urlic
Voix du juge : Jacques Lucéa
Voix du père : Vincent Bund
Petit Hébertot Paris) 1999
Théâtre de Proposition (Paris) 1999
Une jeune femme sur le plateau. Elle doit s’arrondir, se retenir, s’explorer… aller d’un léger battement de cils au plus large cri. Une jeune femme se souvient pas à pas, comment elle a été soumise depuis son enfance ; pas par des coups, mais par le chantage à ce qu’on appelle l’amour. Les tabous, la relation au père, la fuite chez un amant, les contraintes, la misère sexuelle, la grossesse, la peur des médecins, les cauchemars, tout revient.J’aimerais que les spectateurs soient saisis par une tension irrévocable, qu’ils sentent que l’abîme dans lequel tombe la jeune femme est celui que nous creusons avec nos bonnes intentions ; à la manière d’un jardinier qui, pour protéger une rose des intempéries et des animaux, la coupe et la met sous cloche.
Ou mieux encore, qu’ils remarquent subitement que l’on ne peut pas collectionner les papillons sans entendre le craquement du thorax sous l’épingle et que cet acte peut créer des réactions insoupçonnées.
Le spectacle ne résonne ni dans les mots prononcés, ni dans les gestes posés, mais entre eux, là où règnent, comme un écho, la musique et le silence, la lumière et l’obscurité. Nous serons donc encore plus exigeants sur les symboles utilisés, proposant toujours deux degrés de lecture.
L’infanticide parle d’un thème cher à L’Acacia Théâtre : que subit-on dans ce passage entre la naissance et la mort ?
Acacia Théâtre 

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